Un parcours hors du commun …

       1 - Biographie

            1 - 1 Brève introduction à la vie et aux combats menés par Théodore Monod

                   Théodore Monod, né en 1902, a mené une carrière de naturaliste, botaniste, océanographe, ichtyologue, directeur de l’institut français d’Afrique noire, fondateur de la recherche africaine et professeur du Muséum d’histoire naturelle.

         A quatre vingt quinze ans, ce savant humaniste croit de son devoir de mettre en garde les hommes contre leurs égarements et les dangers qui menacent la planète. Depuis plus de soixante-dix ans, il parcourt les déserts afin de retrouver la genèse de notre planète, et permettre qu’émerge le " nouvel homme ". Celui - ci sera à part entière, " fils du ciel et de la terre " grâce à l’élan de spiritualité. Théodore Monod se réclame de cette formule la terre étant la géologie, l’étude d’ici-bas, et l’autre dimension orthogonale est l’élévation spirituelle.

         Théodore Monod porte toujours sa réflexion au loin. Il n’a pas attendu le nombre des années pour être animé d’une vie, bâtie sur l’essentiel et la profondeur qu’il souhaite au " nouvel homme " à venir. Les médias ont braqué leurs projecteurs sur ce chercheur aux semelles de sable. Notre fin de siècle manque en effet de personnages authentiques, Théodore Monod est plus, il est de ceux qui ont le rare privilège d’être tenus par leurs contemporains, comme des consciences de leur époque.

                   1 - 2 Chronologie des étapes déterminantes de la vie de Théodore Monod

         En 1907, Théodore Monod a cinq ans, le futur naturaliste quitte Rouen. Les Monod constituent une lignée de pasteurs protestants et Wilfrid Monod est appelé à l’Oratoire du Louvre. Désormais, installé à deux pas du Jardin des Plantes, Théodore accomplit avec sa mère sa promenade favorite qui déterminera sa carrière.

         L’enfant Monod questionne. Ses interrogations sont du ressort philosophique, existentiel, religieux. A sept ans, il résume en quelques lignes sa destinée : " Que la foi soit mon toit ! Que la bonté soit mon rez-de-chaussée ! " Sa précocité est due à son éducation. Il dira et redira le privilège qu’il a eu d’être né de parents cultivés et dont l’éducation a fortifié sa vocation. Théodore se divertit à écrire des réflexions, des lettres, dont une qu’il adresse au directeur du Muséum, le professeur Edmond Perrier, pour lui demander si l’apparition des insectes peut avoir coïncidé avec celle des végétaux supérieurs. Théodore, un Mozart de la science ?

         Une question le tourmente : " Etre pasteur ou naturaliste ? ". Il ne faudra que cinq années à l’adolescent pour trouver son essence. Il sera naturaliste mais la religion demeurera en lui puisqu’il nommera le désert : " mon diocèse ".

         En 1916, Théodore a quatorze ans, c’est l’année où meurt assassiné à Tamanrasset, Charles Foucault, explorateur et missionnaire. Le lien est virtuel entre le père Charles, qui songeait à acheter le Mont des Béatitudes, et celui qui fera de ses versets son Idéal. L’absolu n’est pas loin. D’ailleurs, en 1930, Monod avec sa robe peule, son grand burnous de laine blanche, ressemble au Frère Universel par cette vêture et son cheminement spirituel dans le désert. Au fil du temps, les points inscrits dans la constellation " monodienne " vont tous rejoindre les lignes de force du chercheur d’absolu.

         Pour l’heure, après un voyage dans le Midi, Théodore écrit sous le pseudonyme de Paganel son premier compte rendu, une relation zoologique et botanique. L’année suivante à quinze ans, il crée une société d’histoire naturelle, édite son premier journal de sciences où il ne manque pas d’épingler les dames qui aiment orner leur chapeau de la " blanche neige des Tropiques ", l’aigrette arrachée au héron blanc. Théodore prend déjà position contre le sacrifice des oiseaux exotiques. Les animaux ne sont pas des machines - n’est-ce pas, Monsieur Descartes ? - ce sont " nos cousins, nos frères ". Théodore, imprégné d’essence théologique, pense au verset de l’Ecclésiaste : " Qui sait si le souffle des animaux monte en haut, et si le souffle des bêtes descend en bas. " Pour le futur chercheur, aucun doute, le souffle animal est ascensionnel.

         A dix-huit ans, en 1920, le voici brillant étudiant en zoologie et en botanique, passionné par les crustacés et désigné officiellement comme naturaliste pour une croisière dans l’océan Atlantique. La soif de savoir, les interrogations de l’enfance trouvent leur aboutissement.

         La traversée au long cour du Désert est commencée pour Théodore Monod. Une sorte de quête du Graal. Les missions vont se succéder. En 1922, Théodore navigue entre l’eau et le sable. Il étudie la faune marine et la pêche en Mauritanie, ce qui lui permettra de peaufiner ses recherches sur la morphologie et la systématique des poissons et des crustacés. Il effectue son service militaire en tant que méhariste dans le massif de l’Aneth. En 1938, Théodore, " le hérisson saharien ", épouse Olga, " son écureuil parisien ". Arrêt sur image, la mariée est en blanc, le marié est en uniforme de méhariste rehaussé de deux burnous. Lesquels, selon son désir l’habilleront pour " le dernier voyage ".

         Le " bédouin " reprend la route après un temps d’hésitation. Une autre question l’invite à méditer, doit-il aller vers l’océan salé ou " pétré " ? Il choisit ce dernier. Une aventure qui durera cinq ans pendant lesquels il découvrira le Sahara occidental de Saint-Louis-du-Sénégal à la Mauritanie. Les moissons seront riches. De 1934 à 1938, Théodore rassemble des indices biologiques, géologiques, ethnologiques. Un corollaire de recherches avec pour objectif : trouver la comète de Chinguetti. Cette quête, son Graal, occupera un demi-siècle de son existence.

         En 1938, ce nomade qui préfère le terrain à la science en éprouvette, jette l’ancre et prend la direction de l’I.F.A.N. (Institut Français d’Afrique noire) auquel il donnera la colonne vertébrale d’une organisation scientifique. Accompagné de sa femme et de ses enfants, il quitte la France pour Dakar. Pendant la seconde guerre mondiale, il participe à la création des " Forces fraternitaires françaises " pour une " humanité humanisée ". Le régime de Vichy ne manque pas de censurer son ouvrage l’Hippopotame et le philosophe. C’est le temps des rapports, des études en laboratoires, du dédale administratif : ses contours, ses détours, ses petites cases, ses machinations. C’est pourquoi il aime tant cette maxime se gaussant de l’administration  : " Un administrateur administre, trois administrateurs cherchent le meilleur moyen d’administrer, cinq administrateurs discutent sur des programmes opposés, sept administrateurs bavardent. "

         C’est ensuite la période africaine de la " tribu Monod "      et la guerre. En 1940, l’armée mobilise le chercheur au Nord du Tchad sur la frontière libyenne. Pas de sang à l’horizon. Une attente remplie de missions durant lesquelles Monod explore le Tibesti en uniforme de méhariste avec pour tous combats " quelques petites farces aux troupes ennemies ".

         C’est aussi l’époque où le directeur de l’I.F.A.N. développe son " appétit de savoir " qui le rend omniprésent tant par la voix que par la plume, le dessin, les recherches. Une curiosité qui, en 1948, l’entraîne vers l’océan liquide (c. f. 1 - 3).

         Mais " l’océan pétré " reprend Théodore lors des traversées au long cours, dont l’une l’emportera de décembre 1954 à janvier 1955. Il n’est que de regarder la carte des voyages de " l’arpenteur ", du " possédé " (El mehnoun) ou " fou du désert " comme les bédouins le surnomment. C’est un chassé-croisé d’allées et venues où se relient les lignes de force " monodiennes ". " Le désert est pur et propre " répète-t-il. C’est pourquoi il efface plus le sillage des hommes que celui des gazelles, c’est pourquoi il faut y revenir faire cent fois les mêmes pas. Pour se connaître, pour trouver la réponse aux questions essentielles : Où ? Quand ? Comment ? Qui ? Pourquoi ? Et ceci par la zoologie, la botanique, la géologie, la géographie, l’ethnologie, l’archéologie, la religion, la philosophie. Une période condensée pour le chercheur. Elle s’étend de la guerre aux années 50 et les récoltes déferlent au Muséum, ainsi que les articles et les rapports par milliers. Les médias sacrent Monod " Prince des sables " et le comparent à " Lawrence d’Arabie ".

         Elu à l’Académie des sciences en 1982, il apportera sa sève, sa verve à des académiciens certes studieux mais plus sédentaires que lui. Ils seront tellement surpris par sa personnalité qu’ils le surnommeront : " l’enfant terrible de l’Institut ".

        

                   1 - 3 Contenu des travaux réalisés par Théodore       Monod

            Théodore Monod a une formation initiale d’ichtyologue, spécialiste des poissons et plus particulièrement des crustacés, sujet sur lequel il fera sa thèse. Théodore Monod étend son champ d’études des sciences naturelles sur la faune et la flore, la zoologie et la botanique. En 1920, brillant étudiant en zoologie comme en botanique, il se voit officiellement désigné naturaliste pour une croisière dans l’océan Atlantique. Puis une autre mission le conduit en Mauritanie pour y étudier la faune maritime et les crustacés. C’est là que naît pour Théodore Monod une passion pour l’immensité de sable.

         Tentons de s’intéresser en quelques mots à l’apport considérable de Théodore Monod à la science, considéré par ses confrères scientifiques comme le seul encore capable de maîtriser l’ensemble des sciences naturelles, spécialiste de toutes les spécialités.

        

        - En ichtyologie :

         Théodore Monod, comme je l’ai signalé précédemment, est ichtyologue de formation. Ainsi il a entreprit de nombreuses plongées profondes pour étudier les crustacés et recenser la faune maritime : " Monod en compagnie du Professeur Picard pénètre dans bathyscaphe. Une bulle d’acier où il se souvient que sable et mer ne firent qu’un, sans oublier le ciel. Voici l’ichtyologue dans la " soupe primordiale ". Monod et Picard sont des précurseurs de la future course aux abysses. "

         Pour sa plongée de baptême, le bathyscaphe descendra à moins 25 000. " En millimètre, cela fait quand même plus sérieux " déclare Monod à propos de ses recherches d’ailleurs risquées. L’incessante découverte du monde marin fait oublier au chercheur toute prudence. Lové dans son habitacle comme un bernard-l’ermite, Monod se fond dans le spectacle liquide grâce à un " regardoir-oeillière ". Il découvre à quelques 150 mètres de la surface une belle leçon de ténèbres, ‘tant d’eau, tant de nuit et dans toutes les directions " mais celle-ci est " pailleté d’étincelles ". Après ces explorations de cinq heures à 1400 mètres de la surface, il est heureux de toucher le sol, " la terre ferme " du plancher marin. D’autant que l’aquarium géant permettra à ces audacieux de dresser l’état civil des poissons : des Rajas, des Centroscymnus, des Halosaurus, des Physiculus-Bromiculus, des Néobythies, des Stylophorus... Et, en suprême cadeau, Théodore revoit le crabe géant " aperçu par Houot et Wilm au cours de leur plongée à 700 mètres au large de Dakar. "

         Voici un extrait de l’une de ses œuvres, plongées profondes, dans lequel il expose ses quatre premières impressions lors du contact avec les abysses au large de Dakar :

         L’étude des poissons de Théodore Monod ne s’est pas limitée uniquement à l’observation de ces derniers dans les profondeurs sous-marine puisqu’il dessine de nombreuses planches sur chaque partie de quantité de poissons notamment leur boîte crânienne. Ces nombreuses planches constituent une base de travail phénoménale pour les chercheurs spécialisés des années à venir.

         Théodore Monod s’est plus particulièrement intéressé au système respiratoire des animaux sous-marins et ses différences avec celui des mammifères et aux principes de l’évolution qui ont permis à certains poissons de devenir des animaux terrestres.

         Pour conclure sur cette spécialité de Théodore Monod, il ne faut oublier sa première étude dans le domaine c’est-à-dire sa thèse qui portait sur un petit crustacé que l’on trouve dans la baie de Somme.

 

         - En zoologie :

                   Théodore Monod a également recensé les espèces qui constituent la faune saharienne. La diversité, la multiplicité, la profusion des espèces animales qui habitent le désert, pourtant milieu inhospitalier de part ses conditions extrêmes, à de quoi surprendre. Mais la vie a su s’adapter aux conditions très rudes du milieu désertique et Théodore Monod réplique à ceux qui jugent l’inventaire de la planète achevé et que ce n’est pas la peine de récolter des plantes, des insectes, des oiseaux, que " même si l’on ne découvrira pas, évidement, une girafe nouvelle, les girafes sont connues, les éléphants sont connus, naturellement les gros animaux sont connus, mais dans le domaine des animaux de petite taille, des insectes de petite taille, il y en des quantités à décrire, des insectes qui ne portent pas encore de noms dont ni la morphologie, ni la forme, ni la biologie ne sont encore connues. " (c. f. annexes désert Libyque)

 

         - En botanique :

                   C’est la botanique qui a éveillé le goût de Théodore Monod pour les sciences naturelles. En effet, c’est à cinq ans lors de ses premiers contacts avec le jardin des plantes, pendant ses promenades avec sa mère, que Théodore à découvert un intérêt fondamental en lui pour les sciences naturelles, l’étude des plantes et des animaux.

         Ses travaux majeurs en ce qui concerne la botanique, Théodore Monod les a effectués dans ses innombrables missions scientifiques dans le désert. Il a recensé l’essentiel de la flore dans le désert, faisant progresser les connaissances sur le milieu désertique les moyens d’adaptation des plantes à ces conditions extrême.

         Théodore Monod tout au long de ses voyages au vrai Sahara à répertorier toutes les plantes ramassées et constituer un herbier ayant dépassé le chiffre symbolique du 20 000ème exemplaire. Un moment d’émotion intense retransmis dans la " marche du siècle", lorsque Monod recueille cette 20 000ème plante car il avait auparavant affirmé qu’il ne mourrait pas avant d’avoir inscrit ce chiffre 20 000 sur les cahiers où il décrit minutieusement, précisément et scientifiquement chacune des nouvelles plantes qu’il récolte ce qui se fait la plupart du temps en langue latine. Ce gigantesque herbier vient enrichir la collection du Muséum d’histoire naturelle de Paris.

         D’autre part, Théodore Monod ne c’est pas contenté de ramasser, de récolter ou même de moissonner, il a réalisé des centaines et des centaines de fascicules pour le Muséum, ainsi que d'innombrables rapports sur ses multiples missions au Sahara. Ces fascicules, ces rapports, ces cahiers constituent une base de données, de renseignements et d’études très précises et très utiles pour les chercheurs d’aujourd’hui et de demain.

         Une note d’humour vient s’ajouter dans ses travaux touchant à la botanique, il s’agit d’une invention permettant d’accumuler les plantes récoltées par le savant dans le désert et de les transporter plus facilement. Ce sont deux planches reliées, réglables pour permettre d’accroître le volume de plantes transportées. Cette planche se porte en bandoulière pour ne pas gêner la marche. Cet outil de Théodore Monod est l’objet de railleries de la part de ses confrères comme de ses amis au cœur du Sahara, souvent appelée " tape cul système Monod " malicieusement rejeté pour un " Tape Monod système... "

 

         - En géologie :

                   Théodore Monod a également fait énormément progresser la science sur ses connaissances des constituantes géologiques du Sahara. Lorsque Théodore Monod a entamé ses expéditions au Sahara la connaissance scientifique du sous-sol du désert n’était pas achevée. Ainsi, Théodore a bouclé l’étude géologique du Sahara notamment avec le massif rocheux de l’Aneth au cours de ses premières méharées.

         L’importance de la géologie dans les diverses études de Théodore Monod ne fait aucun doute puisqu’il croit bon de rappeler, lors d’un documentaire télévisé, la devise latine du géologue qui donnerait ceci en français : "Avec l’esprit et le marteau " outil indispensable au géologue qui, lorsqu’il ramasse n’importe quelle roche comme le souligne Monod, " la frappe de son marteau, naturellement pour la casser et prendre ensuite sa loupe portative et l’observer pour en identifier la composition et la nature, pour voir si c’est un granite, un schiste cristallin, une Durit... " Tant de réflexes, de gestes familiers à Théodore Monod qui travaille actuellement sur un massif rocheux de Mauritanie dont l’âge est estimé à 800 000 000 d’années ce qui est, d’après Monod, " respectable, honorable en comparaison au puceron éphémère ou même à la prétention de l’homme. "

         La géologie a tenu une place primordiale dans la vie de Théodore Monod parce qu’elle a occupé un demi-siècle de son existence à cause du problème posé par la découverte d’un fragment de météorite par Rippert dans le désert de Mauritanie. Monod a évidemment été chargé de s’intéresser à cette découverte qui était un prémisse aux interrogations sur l’immense massif " métallique " pris pour une météorite géante dans la région de Chinghetti en Mauritanie.

         Cette grande aventure scientifique ne pouvait être abordée de façon aussi succincte, ne serait-ce qu’en respect du temps que Théodore et bien d’autres scientifiques ont passé pour finalement arriver à la conclusion de la non provenance météoritique de ce massif rocheux, c’est pourquoi un extrait de l’œuvre de Théodore Monod relatant de cette mystérieuse météorite de Chinghetti, Le Fer de Dieu, vient tenter d’élucider ce problème : c. f. pages suivantes.

 

         - En géographie :

Milieu méconnu et volontiers hostile pour les occidentaux industrialisés que nous sommes, les connaissances géographiques sur le Sahara étaient encore minces lors des premières expéditions de Théodore Monod dans le désert. Ainsi, son premier travail à consister à cartographier ce désert aux limites encore inconnues. D’ailleurs, à propos de la géographie du Sahara, Théodore Monod à une pensée amusante : " Avec la technologie moderne, ce n’est plus marrant de parcourir le désert, on ne peut même plus se perdre... "

         c. f. cartes actuelles du Nord de l’Afrique et annexes

 

         - En paléontologie :

                   Là encore un domaine d’étude où le Sahara avait beaucoup de chose à révéler à Théodore Monod. En effet, le désert présente à un aspect particulier de la nature qui ne risque pas de se trouver entre deux agglomérations sous le prétexte de verdure ou de quelques arbres érigés de façon éparse. Cet aspect propre au désert est sa vocation de présenter la nature originelle, nature telle qu’elle était lors de la création et probablement telle qu’elle sera après...

         Par conséquent, les recherches archéologiques, paléontologiques, etc. sont très instructives pour un chercheur aussi polyvalent et multiple que Théodore Monod. Le Professeur Monod a donc récolté lors de ses nombreuses méharées tous les fossiles dignes d’intérêts pour la science. Les macro fossiles, micro fossiles, et toutes les variétés d’objets témoignant des espèces présentes au Sahara il y a des millions d’années, furent récoltés par Monod au profit du Muséum d’histoire naturelle de Paris où les différents types furent alors restituer par Monod aux spécialistes concernés.

         Ainsi, Théodore Monod a énormément fait progresser les connaissances et la science dans le domaine de l’évolution des espèces notamment en ce qui concerne le désert qui n’est désert que relativement récemment.

         Théodore Monod s’est profondément intéressé à l’évolution, au phylum des espèces, et il faut d’après lui considérer les théories sur l’évolution Darwinienne comme un fait qui ne peut être remis en cause et certainement pas par la religion. Dans cette optique il faut alors considérer la religion et le récit imagé de la Genèse d’une autre façon que celle de la vérité systématique, méthodique.

         Théodore Monod a consacré, lors de ses études sur les poissons et plus généralement la vie sous-marine, beaucoup de temps à déterminer les différences fondamentales entre les divers systèmes respiratoires entre les mammifères et les poissons avec pour finalité de définir les mécanismes de l’évolution qui ont permis à des animaux marins de devenir terriens. Pour parvenir à cette transformation, Théodore Monod estime qu’il faut à n’importe quel organisme une durée approximative de 100 000 ans pour cette adaptation.

          L’univers des travaux scientifiques de Théodore Monod ne se cantonnent pas à la connaissance et l’application, de façon même très approfondie, de la majorité des spécialités qui constituent les sciences naturelles, il sait également présenter ses travaux en grand pédagogue, mais aussi avec un grand humour et avec amour. Ses descriptions lyriques du Désert en témoignent. En effet, le désert est pour Théodore Monod plus qu’un terrain d’études où l’on viendrait occasionnellement prendre de-ci de-là un fragment de cailloux ou de plante ; c’est un véritable mode de vie où la souffrance est nécessaire pour la compréhension. Mais nous reviendrons plus tard sur cet aspect exemplaire du chercheur qui s’est choisi comme terrain de prédilection le désert où la douleur physique est inaliénable.

         On ne pourrait pas analyser le contenu de l’œuvre de Théodore Monod qu’en relevant la majorité, car la totalité serait une chimère (il absurde de prétendre résumer presque cent ans de vie), des travaux du chercheur scientifique dans les diverses spécialités auxquelles il s’est intéressé. Ainsi, il faut restituer le contexte de ces études. Théodore ne s’est jamais contenter du superficiel, de l’apparence, il a éclairci de nombreux points demeurés obscurs dans l’étude du Sahara mais il s’est également inséré dans ce milieu a priori hostile. Il s’est initié à la culture saharienne grâce à ces innombrables méharées au cœur du vrai désert où la solitude ainsi que le silence étaient nécessaires ce qui ne l’a pas empêché de côtoyer longuement les touaregs, les nomades véritables itinérants du désert. Pour comprendre la globalité, l’intégralité mais aussi l’essence du désert saharien, l’initiation aux cultures locales, aux langues arabes, aux dialectes et à la religion islamique principalement, étaient indispensables à Théodore Monod doté d’une curiosité insatiable. Cette curiosité qui l’a poussé toute sa vie et encore actuellement à arpenter le désert depuis la Mauritanie, jusqu’au désert Libyque en passant par le Niger, tout le Sahara oriental, le Soudan, le Sud algérien, la Tunisie... (c. f. annexes cartes des trajets parcourus par Théodore Monod)

        

                   1 - 4 L’œuvre écrite de Théodore Monod

         L’œuvre écrite de Théodore Monod est considérable. Chaque nouvelle expérience, chaque expédition, chaque plongée mais également ses réflexions sur la condition de l’homme, ses excès, sa façon d’envisager la conduite d’un homme plus responsable et plus en accord avec la nature comme avec les autres... autant de sujets qui ont inspiré Théodore Monod pour rédiger de nombreux livres avec une tendance au lyrisme dans ses descriptions du désert, avec des tendances romantiques devant son émerveillement au regard de la nature, mais aussi avec des tendances polémiques voire irrévocablement accusatrices dans ses essais et ses réflexions sur l’actualité, sur l’humanité, ses discours sur le nazisme depuis Dakar...

         Voici la liste des principales œuvres de Théodore Monod, n’oublions cependant pas les innombrables articles qu’il a publiés dans de nombreux journaux scientifiques ainsi que tous ses rapports de retour d’expédition au vrai Sahara qui constituent une base de données magistrales pour les chercheurs du Muséum d’histoire naturelle sans compter toute sa bibliothèque saharienne qu’il a léguée au Muséum.

        

         Méharées, explorations au vrai Sahara, 1937

         Batifolages, plongées profondes, 1954

         Les Déserts, Paris, Horizons de France, 1973

         De Tripoli à Tombouctou : le dernier voyage de Laing 1825-1826, 1977

         Méharées, 1989

         Désert Libyque, notes de voyage, 1989

         Sortie de secours, 1991

         L’Emeraude des Garamantes, 1984, réédition Acte du Sud, 1992

         Vie et mort en désert, 1993

         Ballade de mes heures africaines, 1993

         L’Hippopotame et le Philosophe, 1943, 1946, Acte du Sud, 1993

        

         Sahara, désert magique, 1986

         Mémoires d’un naturaliste voyageur, 1990

         Botanique au pays de l’Encens, 1996

         Le chercheur d’absolu, février 1997

         Textes de combat : rassemblement de nombreux discours et articles publiés     principalement dans la Quinzaine, contre le nazisme pendant la guerre.

         Carnets de Théodore Monod, récits de voyages réunis par son fils

                   Dans la collection Thesaurus aux éditions Acte du Sud :

         Maxence au désert,

         Méharées,

         L’Emeraude des Garamantes,

         Le Fer de Dieu,

         Majâbat al-Koubrâ,

         Désert libyque,

         Plongées Profondes,

                                               Théodore Monod

 

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